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Mon livre 02

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D'autres extraits de mon livre.

           ...Pour revenir à l’évolution de la musique Arabe pendant la période que nous sommes en train d’étudier, la volonté de conquête des musulmans a conduit au fait que ces derniers ont commencé, après avoir conquis toute la région orientale, a se mouvoir vers l’Afrique du Nord en commençant par l’Egypte et l’Ethiopie, puis vers le Maghreb Central, à savoir la Libye, la Tunisie, l’Algérie et enfin vers l’Extrême Ouest, le Maroc.Evidemment, les Arabes, en conquérants, ont amené avec eux toute leur civilisation et leur culture, parmi lesquelles la musique.
          Là,les nouveaux contacts et la découverte de nouvelles moeurs, de nouvelles cultures et de nouvelles pensées,ont permis à la musique Arabe de s’enrichir encore ,en ajoutant quelque peu un nouveau cachet à son origine,tout en gardant bien sûr toutes ses données .Ceci nous conduit à dire que la musique Arabe, bien avant de devenir “Andalouse” ,a eu d’abord comme origine celle orientale, bien sûr,mais aussi un passage par la culture Arabo-Berbère pour les raisons que nous venons de citer,à savoir le contact des Arabes avec le Maghreb.
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                        L’exemple qui exprime le plus cette théorie nous est donné par Zyriab, cet esclave affranchi qui a été le principal créateur de la forme actuelle de la musique Andalouse,et sur la biographie duquel nous allons nous attarder,un peu plus, puisque nous sommes directement concernés par lui et son génie. Celui-ci représente le même itinéraire que cette civilisation.En effet,sa naissance en Orient,son déplacement vers le Maghreb,puis son entrée fracassante en Andalousie constituent le parfait miroir exprimant la fabuleuse aventure vécue par la communauté  Arabe à travers le temps.Voyons cela plus en détails : ...
                                                    .

   ...Afin d’aborder un autre sujet sur l’histoire de la musique Andalouse à Tlemcen, il serait important de noter qu’après une longue période de quiétude et de liesse vécues par la communauté Maghrébine après la Reconquista, vinrent les invasions coloniales Turque, Romaine puis Française, et ceci sans compter les pressions imposées à un certain moment par les Espagnols et les Portuguais, avec des intentions d’envahissement. Tout cela a été réellement destructif à l’égard de la culture qui s’était pourtant enracinée et qui était très prisée dans toute la région méditerrannéenne, même coté nord. En effet, ces colonisations successives ont imposé leurs cultures tout en détruisant celles des “indigènes”, comme ils prenaient plaisir à
les nommer, en brûlant les livres, les manuscrits et les documents existants, détruisant tout ce qui était en rapport avec la culture Maghrébine de l’époque.                .
                               Ceci a inévitablement abouti à une situation dans laquelle les musiciens , les poètes et autres philosophes n’avaient plus la considération sociale qu’ils étaient en droit d’exiger de leur communauté car celle-ci avait d’autres inquiétudes et d’autres problèmes à régler tels la pauvreté, les maladies et la répression coloniale.

                             Ainsi donc, les artistes vivaient eux aussi, pour la plupart, dans la pauvreté. Cela a abouti au fait que certains artistes ont été obligés de prendre, à contre-coeur, des décisions qui ont complètement changé leurs destins, telles l’émigration sous d’autres cieux plus cléments. Les exemples exprimant le plus concrètement cette situation sont celui de Redouane, musicien virtuose prodigieux, qui a émigré au Maroc, ainsi que celui de  Abdelkrim Dali, qui, lui, a choisi Alger, ou plutôt c’est Alger qui l’a choisi...

... En second lieu, nous devons noter que la période qui a suivi l’installation à Tlemcen des émigrés Arabes d’Andalousie, fuyant la répression Ibère a été marquée par la création, ou plutôt la “Maghrébisation”, de la musique amenée par ces derniers à Tlemcen.En effet, par son contact avec une nouvelle communauté, avec de nouvelles moeurs, de nouvelles habitudes, un nouvel état d’esprit, mais tout en gardant ses mêmes principes techniques, la musique Andalouse s’est très bien adaptée à son nouvel environnement. Cela l’a rendue encore plus appréciable et plus
riche. 

           Seulement, l’usure du temps, le délaissement et la négligence humaine, les effets du colonialisme ainsi que l’absence de médias qui, n’étant créés que ce dernier siècle, auraient pu jouer un rôle prépondérant dans le maintien et la survie de tout le répertoire musical de l’école Tlemcénienne ; tout cela donc ne pouvait qu’avoir des conséquences négatives.      

                            En effet,des vingt-quatre Noubas (nous verrons dans la partie technique de ce travail ce que ce terme veut dire) existantes, représentant le répertoire initial Tlemcénien, il n’en reste plus que douze plus ou moins complètes, en plus de quelques autres, incomplètes elles. Cependant, si l’on voyait cette situation sous un autre angle, l’on pourrait affirmer qu’après tant d’obstacles, l’existence aujourd’hui de douze Noubas complètes pourrait être considérée comme une “bénédiction” presque incroyable. Nous devons nous estimer heureux d’avoir en notre possession une musique qui a bravé, des siècles durant, mille et une embûches et obstacles. Nous devons cela, entre autres, à la rigidité de l’école musicale Tlemcénienne dont le principe de base a toujours été le suivant :  “Reproduire tel quel ce que l’on a appris “. En d’autres termes, aucune fioriture, aucun “plus”, aucune invention, aucune“décoration personnelle” n’étaient tolérés. Et cette rigidité n’a fait que du bien à notre musique...

Photo à gauche : Hadj Mustapha Brixi